(Togo Officiel) - Devenu depuis plusieurs années un vecteur décisif d’inclusion économique et de transformation sociale, le secteur de la microfinance sera dorénavant mieux régulé au Togo. Les députés, réunis mardi en plénière à Lomé, ont en effet adopté le projet de loi sur la réglementation du secteur.
Face à l’essor rapide du secteur de la microfinance au Togo et dans l’espace de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), la nécessité d’un cadre juridique plus moderne et plus rigoureux s’impose. Réunis en quatrième séance plénière de la première session extraordinaire de… pic.twitter.com/6Mv3oNpteE
— Assemblée Nationale Togolaise (@assnatTogo) March 11, 2026
Le texte, soumis il y a quelques semaines par l’exécutif, transpose dans le droit togolais, la loi uniforme adoptée par l’UMOA en décembre 2023, qui vise à consolider la stabilité d’un secteur en plein essor dans l’espace monétaire sous-régional. La nouvelle mouture, structurée en 174 articles, renforce la gouvernance des institutions, améliore les mécanismes de supervision et protège mieux les usagers.
Dans les détails, elle instaure des règles de transparence tarifaire, un encadrement de la gestion des comptes et des dispositifs de traitement des réclamations et de médiation, ainsi que des mécanismes d’intervention précoce pour prévenir les difficultés des institutions de microfinance, et garantir la sécurité des dépôts des épargnants. Par ailleurs, la nouvelle loi prévoit des dispositions comptables et prudentielles plus strictes, ainsi qu’un dispositif de sanctions graduées en cas de manquement à la réglementation.

Première porte d’entrée dans le système financier
“La microfinance permet à des millions de nos concitoyens, en particulier les femmes et les jeunes, d’accéder aux services financiers de base pour entreprendre, investir et améliorer leurs conditions de vie”, a affirmé le ministre des finances et du budget, Essowè Georges Barcola, qui a pris part à la session législative.
Avec plus de 4,6 millions de bénéficiaires à fin décembre 2025, le secteur pèse en effet plus de 578 milliards FCFA, selon les données compilées par le ministère. Les institutions, 72 officiellement agréées, dont la plupart regroupées au sein de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD), interviennent notamment dans l’accès aux services financiers pour les ménages, les artisans et les micro-entrepreneurs, notamment dans les zones rurales ou faiblement bancarisées.
“Ce texte marque une étape importante dans la consolidation du système financier national”, a souligné pour sa part le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, rappelant que pour de nombreux Togolais, les services financiers décentralisés constituent “la première porte d’entrée dans le système financier” et représentent souvent “la finance de proximité, la finance accessible".